Pyrénées Orientales, Aude du 1er au 9 juin 2021 – 8 jours – 990 km

Après la levée des dernières restrictions de circulation suite à la situation sanitaire imposée par la Covid-19, nos deux compagnons de route, Pilote et Chausson, sont heureux de repartir pour se dégourdir les jantes. Nous partons donc ce mardi 1er juin en direction des Pyrénées- Orientales.

Le trajet de cette première journée s’est déroulée en passant par St-Girons, Foi, (arrêt pause-déjeuner sur table de pique-nique à Celles), Quillan. Nous longeons ensuite le lac de Caramany qui s’étend sur une longueur de 5 km et nous effectuons une halte juste avant d’arriver à Ille-sur-Têt au « belvédère orgues d’Ille » sur la D2. Il est environ 17h00. Superbe point de vue sur la chaîne pyrénéenne et sur les Orgue de Ille-sur-Têt qui se profilent au loin. Vu l’heure avancée de cette fin d’après-midi, nous décidons de faire la visite des « Orgues » le lendemain matin. Pour notre étape, nous choisissons une aire « France Passion », le domaine Carle Courty à Millas situé à une dizaine de kilomètres de Ille-sur-Têt. Le domaine est spécialisé en produits « bio ». Nous avons acheté dès notre arrivée, muscat de Rivesaltes et bière bio du domaine.

Le lendemain matin, nous partons, comme prévu, visiter les Orgues de llle-sur-Têt. Le site est bien aménagé pour le stationnement, car un espace a été prévu pour les camping-cars. A la billetterie, l’hôtesse nous signale que l’on peut d’ailleurs y stationner la nuit (gratuitement); même en dehors de la visite des « Orgues ». Très intéressant si on repasse un jour dans le coin. Pour les « Orgues », le prix de la visite est de 5€.

Au départ de la billetterie, un sentier d’environ 700 m nous conduit à l’entrée du site. Il est agrémenté, sur une partie de son parcours, de sculptures originales faites à l’aide d’outillages anciens ou de ferrailles de récupération.

Les Orgues de Ille-sur-Têt sont des « cheminées de fées ». Aussi appelées « Demoiselles coiffées » selon la région, ce sont des colonnes naturelles de roches aux formes parfois étranges et qui sont créées par différents phénomènes d’érosion de roches sédimentaires vielles de quatre millions d’années.

En 1981, le site est « classé » et fait l’objet d’une protection « Monuments naturels, sites à caractère artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque ». En 1992, le site qui, à ce moment là, fait partie d’une exploitation agricole est racheté par la commune de Ille-sur-Têt qui va en assurer la préservation, l’entretien et la mise en valeur.

Ce matin là, le ciel était partiellement couvert. Mais lorsque le soleil apparaissait, les orgues s’illuminaient soudainement et nous offraient un magnifique spectacle.

Orgues de Ille-sur-Têt (Pyrénées-Orientales)
Castelnou (Pyrénées-Orientales)

L’après-midi, nous visitons le village de Castelnou situé à une vingtaine de kilomètres de Ille-sur-Têt. Un des plus beaux villages de France, il a été classé 7 ème village préféré des Français en 2015. Ce village médiéval s’est construit à flanc de colline autour de son château vicomtal qui date de la fin du IX ème siècle.

Notre aire d’étape, ce soir là, est située à Duilhac-sous-Peyrepertuse. L’aire est gratuite, mais les services sont inaccessibles car il n’y a pas d’eau disponible au niveau de l’aire de vidange

Le jeudi matin, nous prenons la direction des gorges de Galamus. La route les traversant, reliant le département des Pyrénées-Orientales à celui de Aude, a été construite à la fin du XIXème siècle, taillée dans la roche à la barre à mine par une poignée d’ouvriers suspendus à des cordes. L’exploit technique fut immortalisé par le poète Saint-Paulais Léonce Rives, dont un quatrain en occitan est gravé au-dessus du tunnel.

« Dins aquel roc pelat que tranco la sabino

oun l’aglo dins soun bol gausabo soul beni

penjat per un courdel ambe la barromino

l’home coumo l’ausel a troubat un cami »

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« Dans ce roc pelé que perce la sabine

où l’aigle dans son vol osait seul venir

pendu par une corde avec la barre à mine

l’homme comme l’oiseau a trouvé son chemin »

Les gorges de Galamus (Pyrénées-Orientales)
Ermitage de Galamus (Pyrénées-Orientales)

Etroite et sinueuse, la route est interdite aux véhicules de plus de 5 tonnes, aux caravanes, aux camping-cars et à tous véhicules d’une hauteur supérieure à 2,70 m et d’une largeur supérieure à 2,00 m. Bien entendu, nous n’avons pas forcé le passage en camping-cars, et nous avons fait la visite à pieds. En beaucoup d’endroit, les rochers viennent en surplomb de la route. La profondeur des gorges est impressionnante. Les eaux de la rivière ont creusé un profond canyon sur une hauteur de près de 500 m. Les gorges abritent un refuge naturel: L’ermitage de Saint-Antoine de Galamus où des ermites se sont succédé jusqu’en 1930.

Un petit sentier traverse le refuge où des petites placettes sont reliées entre elles par des escaliers. Sur la place centrale trône un magnifique platane. Une chapelle a été aménagée au début du XXème siècle dans la grotte qui avait servi de refuge aux premiers ermites qui s’étaient installés ici dès le moyen âge. 

L’après-midi, nous avons effectué vidange et remplissage au supermarché U de Ille-sur-Têt. Services gratuits, mais il a fallu aller récupérer un robinet de branchement à l’accueil du magasin pour faire le plein d’eau. Comme nous étions à proximité de la station service, nous en avons profité pour faire également le plein de gasoil. Puis nous avons repris la route en direction de Villefranche-de-Conflent. Pour la nuit, nous avons trouvé refuge sur un petit parking à Olette.

Le lendemain matin, nous partons visiter Villefranche de Conflent. Ville fortifiée entourée par des remparts, la cité de Villefranche-de-Conflent est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. En surplomb de la ville, Fort Libéria construit par Vauban en 1681 et fortifié sous Napoléon III se dresse en sentinelle sur la vallée de la Têt.

Villefranche-de-Conflent (Pyrénées-Orientales)
Villefranche-de-Conflent (vue sur Fort Libéria)

Puis, nous continuons notre route et nous nous orientons en direction du col de Jou. Mais peu à peu, nous constatons que la route est très étroite et pour ne pas revivre l’expérience du col d’Allos, nous prenons la décision de renoncer et nous faisons demi-tour. L’après-midi, nous rejoignons le lac de Matemale. et nous effectuons une ballade à pied le long de la berge nord-est. Nous nous rendons ensuite à l’aire de services des Angles pour la vidange et le plein d’eau (services: 3€). En fin d’après-midi, nous établissons notre bivouac au bord du lac de Matemale sur un parking face au village des Angles. Le samedi, notre pêcheur, n’ayant pas oublié de lancer sa canne de bon matin, ramène des profondeurs du lac une belle truite de 32 cm.

Nous partons alors passer la journée au lac des Bouillouses où nous pique-niquons au bord du lac. Site « classé », le lac des Bouillouses, d’une superficie de 149 ha est situé à une altitude de 2016 m. En haute période estivale, la route d’accès est fermée et le lac est accessible par une navette au départ du plat de Barrès.

Lac des Bouillouses – 2016 m (Pyrénées-Orientales)

En fin de journée, nous retournons au lac de Matemale où nous étions le matin même. Le dimanche, nous déjeunons sur place où nous avons le privilège de déguster la truite absolument délicieuse que Patrick avait pêchée la veille.

L’après-midi, pendant que notre pêcheur s’activait à lancer ses olives et ses bulles d’eau, nous partons à pied pour effectuer le tour du lac; soit un parcours d’environ 10 km réalisé tranquillement en 3h00. En fin de journée, un voyant d’alerte de notre ami « Pilote » nous oblige à partir rejoindre l’aire de vidange du camping du lac. L’aire de service est à l’extérieur du camping (juste à l’entrée). Le tarif est de 2,50 € à régler à l’accueil du camping (réceptionniste très accueillante).

Le lundi, nous avons passé une journée tranquille au bord du lac. Journée de pêche pour notre traqueur de truites et repos et petites promenades pour les autres. Un vent fort désagréable a soufflé toute la journée.

Lac de Matemale (Pyrénées-Orientales)
Col de Pailhères – 2001 m (Ariège)

Le mardi, nous décidons de quitter le lac de Matemale pour commencer à amorcer notre retour et nous nous dirigeons en direction du col de Pailhères. La route est très sinueuse, assez étroite et comporte une vingtaine de virages en épingles avant même d’arriver au col.

Mais tout s’est bien passé, car nous étions le 8 juin, en semaine et il y avait très peu de circulation. Comme souvent, le sommet du col nous dévoile un panorama exceptionnel. En contrebas du col, le parking est assez vaste et bien aménagé avec des tables de pique-nique. Et c’est sur l’une d’entre elles que nous avons fait notre pause-déjeuner.

Après Ascou, nous prenons la D613. Nous effectuons un arrêt au col du Chioula où après 15 mn de marche, nous atteignons la table d’orientation dite du « Signal du Chioula ». De là, nous pouvons admirer un magnifique panorama sur la chaîne des Pyrénées ariégeoises. Nous suivons ensuite la D20, traversons Causson et Luzenac.

Nous rejoignons « Les Cabannes » pour notre bivouac. Aire de camping-cars située juste à côté de la Gendarmerie. Tarif du stationnement 5,00 € les 24h et 2 € pour les services (100 l d’eau). Calme absolu. Le mercredi, route du retour, nous choisissons un itinéraire qui nous fait franchir plusieurs cols dont, le col de Port, le col de Caougnous, le col de la Core.

Col de la Core (Ariège)
Vue sur les Pyrénées ariégeoises depuis la table d’orientation du « Signal du Chioula »

Nous faisons ensuite une halte au lac de Bethmale; écrin de verdure, paradis des promeneurs et des pêcheurs.

De nombreux pique-niqueurs avec enfants étaient présents ce jour là, mercredi. Nous effectuons à pied le tour du lac avant de repartir.

Nous faisons notre pause-déjeuner à Argein (table au bord de la rivière) où notre pêcheur a lancé sa canne une petit demi-heure pendant que d’autres faisait une petite sieste. Puis le retour s’est fait par le col de Portet d’Aspet, le col de Menté, Saint-Béat et Montréjeau.

Fin du périple vers 18h;

Lac de Bethmale (Ariège)